Lundi 19 février 2007 1 19 /02 /Fév /2007 19:18

La macreuse brune

Melanita fusca

La macreuse brune appartient à la tribu Mergini c'est donc un canard marin. Macreuse brune et macreuse noire forment le genre melanita. Bien que canard marin, les macreuses vont assez loin à l'intérieure des terres pour nicher.

 

On distingue trois sous-espèces qui diffèrent par la forme et la couleur du bec et par la forme de la tache oculaire située sous l'oeil pour le mâle.

- Melanita fusca fusca . Sous-espèce européenne.Cette sous-espèce niche de la Scandinavie à travers la Russie et dans la moitié ouest de la Siberie, jusqu'à la presqu'île de Taymyr. Elle passe l'hiver le long des cotes de l'Europe occidentale, de la Norvège à l'Espagne. On peut en observer aussi sur la mer Caspienne.

2 - Melanita fusca stijnegeri. Sous-espèce asiatique.Elle niche en Sibérie orientale des monts de l'Altaî à l'est jusqu'au Kamtchatka et au sud jusqu'à la Mongolie. Elle hiverne le long des côtes de l'Océan Pacifique du Kamtchatka et au sud jusqu'au Japon et à la chine.

3 - Melanita fusca deglandi. Sous-espèce américaine, elle niche au nord ouest de l'Alaska jusqu'à la baie d'Hudson au Canada et au Sud jusqu'au nord des Etats-Unis. Elle hiverne aussi bien sur la côte ouest que sur la côte est de l'Amérique.

 Les macreuses brunes passent la plus grande partie de l'année en mer. On peut les observer avec des jumelles mais leur teinte foncée ne permet pas toujours de les distinguer. Pendant la période de reproduction on les rencontre autour des grands lacs, elles privilégient les îlots bien touffus. Les crustacés et les moules composent la majeure partie de leur menu. 95 % de leur nourriture est d'origine animale. Elles plongent pour se nourrir et peuvent rester une minute sous l'eau. Le long des côtes Européenne et d'Asie, les macreuses brunes et macreuses noires peuvent cohabiter en grand nombre. Le long des côtes américaines elles cohabitent avec les macreuses à lunettes. Les macreuses brunes ont leur maturité sexuelle à partir de deux ans. Cela dit, on observe en mer une grande quantité de mâles en couleurs en compagnie de femelles durant les mois d'été. Cela laisse à penser que ces mâles et femelles ne reproduisent pas encore. Début mai, les macreuses brunes arrivent sur leur territoires de nidification qui peuvent être situés loin à l'intérieur des terres, elles y parviennent par un vol en altitude parcourant de longues distances au dessus de la terre ferme, par opposition à leur vol au raz des eaux lorsqu'elles voyagent en mer.

Les nids sont établis parfois assez loin de l'eau, ils sont très bien camouflés dans une végétation dense. Les oeufs sont teintés de rose clair et mesurent 66 mm sur 46 mm. Les pontes découvertes varient de 6 à 17 oeufs. La période de nidification s'étale entre le seconde semaine de juin et la première semaine de juillet. L'incubation dure entre 26 et 29 jours.

Les canards marins abandonnent leur progéniture assez tôt, souvent après la deuxième semaine, les petits forment de véritables crèches. Les canetons sont gardés par des canes dont la ponte aurait été perdue.

 

 La macreuse noire

Melanita negra

 

 

 

 

 

 

 

On distingue deux sous-espèces.

1- Melanitta negra

L'aire de répatition de la macreuse noire comprend le nord de l'Europe et de l'Asie, et l'ouest de l'Alaska. Elle niche en Islande, au nord de la Scandinavie et de la Finlande, sur les côtes de l'U.R.S.S., de l'Ecosse et de l'Irlande.

2- Melanitta americana.

Son aire de répartition comprend l?est de l?Alaska et l?est du Canada Elles se distinguent des autres Melanitta par la tête et par le dessin du bec. Elles n?ont pas de plumage d?éclipse. La sous-espèce americana se différentie aussi par la forme du bec. La macreuse noire (Melanita negra) est le seul canard entièrement noir que l'on connaisse, (le mâle de la macreuse brune (M. fusca) porte en effet une tache blanche sur les ailes et sous les yeux). Son bec a une bosse à la base et une grande tache orange sur la mandibule supérieure. Ses pattes sont brun-noir, l'iris de ses yeux est marron. La femelle est brun foncé. Son ventre est plus clair, sa poitrine et ses joues sont blanchâtres. Le mâle comme la femelle sont plus petits que le Colvert. En dehors de la saison de reproduction, les macreuses noires (Melanitta negra) restent en mer. Elles sont en partie sédentaires, en partie migratrices. Elles hivernent par bandes nombreuses sur toutes les côtes ouest de l'Europe, celles de la Grande-Bretagne, de la mer du Nord et de la Baltique et parfois sur la côte nord-ouest de l'Afrique. Sur les côtes, on observe la migration des macreuses dès le mois de juillet, le soir et la nuit. À cette saison, les mâles prédominent mais, dès septembre, la proportion est inversée en faveur des femelles et des immatures qui deviennent incontestablement majoritaires au mois de décembre. À l'intérieur du continent européen, on rencontre exceptionnellement quelques macreuses isolées, généralement de septembre à avril. La parade de ce canard commence en septembre ou octobre, dans ses quartiers d'hiver.

Son aire de répartition comprend l?est de l'Alaska et l'est du Canada Elles se distinguent des autres par la tête et par le dessin du bec. Elles n'ont pas de plumage d'éclipse. La sous-espèce se différentie aussi par la forme du bec. La macreuse noire () est le seul canard entièrement noir que l'on connaisse, (le mâle de la macreuse brune porte en effet une tache blanche sur les ailes et sous les yeux). Son bec a une bosse à la base et une grande tache orange sur la mandibule supérieure. Ses pattes sont brun-noir, l'iris de ses yeux est marron. La femelle est brun foncé. Son ventre est plus clair, sa poitrine et ses joues sont blanchâtres. Le mâle comme la femelle sont plus petits que le Colvert. En dehors de la saison de reproduction, les macreuses noires (restent en mer. Elles sont en partie sédentaires, en partie migratrices. Elles hivernent par bandes nombreuses sur toutes les côtes ouest de l'Europe, celles de la Grande-Bretagne, de la mer du Nord et de la Baltique et parfois sur la côte nord-ouest de l'Afrique. Sur les côtes, on observe la migration des macreuses dès le mois de juillet, le soir et la nuit. À cette saison, les mâles prédominent mais, dès septembre, la proportion est inversée en faveur des femelles et des immatures qui deviennent incontestablement majoritaires au mois de décembre. À l'intérieur du continent européen, on rencontre exceptionnellement quelques macreuses isolées, généralement de septembre à avril. La parade de ce canard commence en septembre ou octobre, dans ses quartiers d'hiver.

La macreuse noire revient à son aire de nidification en mai. Elle niche sur les lacs, dans les roselières et les toundras. Excellentes plongeuses et nageuses, les macreuses marchent difficilement, se tenant très droites. Elles nichent donc tout près de l'eau, généralement dans la végétation riveraine ou sous des buissons.

La femelle couve seule ses 5 à 8 oeufs, habituellement en juin. Le mâle abandonne rapidement sa compagne. Les petits éclosent au bout de 27 à 31 jours et, lorsqu'ils sont secs, la mère les emmène à l'eau. Les jeunes restent près de la mère 6 à 7 semaines, puis prennent leur indépendance, mais restent groupés.

La Macreuse noire cherche sa nourriture uniquement sous l'eau. Elle plonge jusqu'à 6 m de profondeur. Elle attrape des mollusques, des crustacés, des vers, des insectes aquatiques et leurs larves. Elle se nourrit aussi partiellement de végétaux, tels que pousses vertes de plantes aquatiques. Elle échappe aux rapaces en plongeant directement dans l'eau.

 

Détention et élevage de la macreuse brune

Espèce chassable.

N'est pas sur les listes 1 et 2 de l'arrêté du 10 Août 2004.

 

 

 Entre seulement dans le quota de 80 spécimens.

La détention de la macreuse brune ne pose aucun problème à condition de respecter deux points importants : La qualité de l'eau et la nourriture.

Depuis maintenant huit années j'ai le plaisir de voir évoluer mes macreuses brunes dans un bassin de 40 m2, leur plumage est toujours parfait, le couple respire la santé. Elles évoluent en compagnie de garrots arlequin et d'eiders à lunettes. Elles ont un caractère facile, et ne perturbent pas les autres canards. C'est en général les autres espèces qui les dérangent. Le bassin n'est occupé que par des canards plongeurs, la nourriture est donc la même pour tous : du floating riche en protéines (il est dosé à 30% ). Une arrivée d'eau fraîche assure un très bon état sanitaire du bassin, surtout durant la période estivale. Nourriture et eau deux conditions indispensables à la détention de tels oiseaux.

C'est en Belgique que j'ai trouvé mon couple, à cette époque un seul éleveur en proposait, je le connaissait bien, je pense qu'en quelques années il a fourni la Belgique et la France, il était, en effet, le seul a avoir de la reproduction issue d'un trio, si ma mémoire est bonne. A l'époque les grands marchands de canards le jalousaient et disaient que les jeunes étaient issus d'eufs prélevés dans la nature. Je pense maintenant que sa cane pondait puisque ce couple est actuellement en France et que depuis deux ans l'heureux propriétaire a des oeufs.

Pour ma part je n'ai jamais eu de ponte, le mâle coche sa femelle fréquemment dès que le printemps est là mais en vain.

Il y a trois ans un éleveur de l'Oise, qui a une belle collection d'anatidés, m'appelle pour prendre de mes nouvelles et me faire part de son inquiétude au sujet de sa cane de macreuse qui a disparu. Elle est peut être entrain de couver lui dis je. Effectivement il me rappelle quelque temps plus tard pour m'annoncer qu'il avait vu revenir la cane avec des petits au nombre de cinq. Cet éleveur ne m'a plus donné de nouvelles, j'ai appris par la « bande » qu'il n'avait pas réussi à élever les petits. Cette histoire me redonnais confiance et je décidais de changer mon couple d'enclos. Je les disposais dans une marre beaucoup plus grande avec du terrain autour pour leur permettre de trouver un emplacement plus propice à la nidification. Je les ai observé se promener dans le parc, je caressais l'espoir de voir la cane faire son nid et pondre. . En fin de saison je devais m'y résoudre, la cane ne pondrait pas encore cette année.

J'apprenais que l'éleveur qui avait la chance d'avoir le fameux couple reproducteur avait eu des oeufs en 2002. 

J'ai pu échanger des informations avec lui, J'ai deux couples m'a-il dit. En 2002 une cane de macreuse avait eu cinq petits, un seul avait vécu jusqu'à l'age de deux mois, il est mort d'un accident avec une grue. La cane avait pondu le 26 juillet.

En 2003 une cane a pondu le 3 juillet, l'autre le 9 juillet, au total 13 oeufs. La cane couve très bien je pouvais m'en approcher sans problème et toucher les oeufs sans que celle-ci ne panique, me précisait notre ami. Après 14 jours d'incubation sous la mère les oeufs ont été placés en incubateur, six petits sont nés. Il les a élevés de façon tout à fait classique pour des plongeurs. Il faut reconnaître que le micro floating a permis de résoudre beaucoup de problèmes d'élevage de canards délicats. Le micro était disposé de deux façons. Dans une petite coupelle, et aussi dans l'eau en petite quantité. Les petits se sont développés normalement, une bonne courbe de croissance était constatée. Ejointés au cours de la première semaine et sexés après trois semaines ; trois couples faisaient la joie de l'heureux éleveur.

Quelques jours plus tard, un signe inquiétant vint troubler l'euphorie du moment, une diarrhée blanche ! Les canetons ne prenaient plus de nourriture, après avoir consulté un vétérinaire, le diagnostic de coccidiose est tombé, les canetons sont morts rapidement

Mais il faut garder le moral et essayer de comprendre, la réponse est entre les mains de notre ami. Les parents sont bien en vie et tous les espoirs de voir enfin, pour la première fois en France, une expérience d'élevage réussie de macreuses brunes sont permis. Nous ne manquerons pas de vous tenir au courant de l'évènement.

Paul Marguier   pmarguier@nordnet.fr

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Bibliographie.

 

Wildfowl, Steve Madge & Hilary Burn

Handbook of the world, del hoyo, Elliot & Sargatal

Ducks in the wild, Paul Johnsgard

Par Paul Marguier - Publié dans : Expériences d'élevage Oies-canards
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Jeudi 15 février 2007 4 15 /02 /Fév /2007 22:58

 

ELEVAGE DES CANETONS

 

     

Laisser à la cane le soin d'élever les petits, constitue sans aucun doute, la méthode la plus simple et la moins contraignante. Si les enclos et  l'environnement vous le permettent, il faut y avoir recours pour certaines espèces, je pense en particulier aux bernaches, oies et autres casarcas, qui protègent bien leurs petits et dissuadent certains prédateurs, pour ma part je  n'ai jamais eu de problèmes avec ces espèces en les laissant avec la cane. En revanche pour les petites espèces et  les plongeurs, il est préférable d'élever artificiellement les canetons si l'on veut une certaine réussite dans l'élevage. Pour se faire vous devez disposer d'un éclosoir, de quelques éleveuses pour mener à bien cette façon de pratiquer. 

Avant toute chose, vous devez avoir, une idée assez précise de la date du début de l'incubation des oeufs par la cane pour pouvoir déterminer la date du prélèvement des oeufs. Personnellement, je retire les oeufs deux ou trois jours avant l'éclosion. Il est préférable de retirer les oeufs trop tôt, que de prendre les canetons sous la mère. Dans ce dernier cas, il est plus sage   d'isoler la cane et ses petits dans un enclos protégé des prédateurs. J'ai fait, bien évidemment, l'expérience de les mettre en éleveuse, ça marche en général, mais les canetons sont très sauvages et c'est toujours avec une certaine angoisse que l'on approche des éleveuses, car on sème une véritable panique, on prend aussi le risque que les canetons se laissent mourir de faim.  

Un incubateur peut servir d'éclosion, il est vivement conseillé de ne l'utiliser que pour cette fonction, la température doit être légèrement inférieure à la température d'incubation 36°5 par exemple. L'humidité doit être poussée au maximum. Les oeufs y sont placés après avoir été mirés (éliminer les oeufs clairs et les canetons morts dans l'oeuf) A partir de cet instant, vous ne devez plus ouvrir votre éclosion  avant l'éclosion des petits. Les canetons naissent en général tous en même temps. Il est inutile de vouloir aider les retardataires, car ont fait souvent pire que mieux. 

Il faut maintenant attendre que vos canetons soient secs, laissez les vingt-quatre heures dans l'éclosoir, il est inutile de donner de la nourriture pendant cette période, les canetons ne mangent pas durant les premières vingt-quatre heures. 

Une fois bien secs les canetons sont placés dans une éleveuse (cf. schéma). Le fond est constitué d'un grillage plastifié (maille d'un cm) éviter le galvanisé qui pourrait favoriser le développement  de problèmes cutanés sous les pattes. La hauteur de la lampe doit être réglée pour que la température soit de l'ordre de 35°. La lampe sera remontée régulièrement et le bon test sera réalisé en observant les pensionnaires : S'ils sont tassés sous la lampe c'est que la température est trop basse, vous devez les voir aller et venir dans  l'éleveuse, certes ils finiront par dormir sous la lampe mais ne seront pas blottis les uns contre les autres.  Il faut donc adapter la hauteur de celle-ci en tenant compte du comportement des canetons. Durant les premiers jours vous pouvez disposer un morceau de « feutrine » sous la lampe qui permettra de maintenir une certaine chaleur et surtout de contenir la semoulette ou les vers de farine. Dès que les canetons mangent sans problème on peut les laisser sur le treillis, la nourriture étant disposée dans une petite assiette en plastique. Il est très important de mettre à disposition un goutte à goutte d'eau fraîche qui remplit un récipient dans lequel on aura disposé des galets pour éviter que les canetons ne se mouillent. 

Il faut pratiquer l'éjointage durant les deux ou trois premiers jours, de cette façon il n'y a pas de problème de saignement. Personnellement j'utilise une paire de ciseaux désinfectés au préalable, consacrés à  cet usage.Il faut se méfier des espèces qui grandissent très vite en particulier des bernaches à cou roux. A dix jours l'éjointage devient une véritable opération  tant le développement de l'aile est déjà bien avancé. 

Il est important d'éjointer vos anatidés surtout lorsqu'ils ne font pas partie de la faune Européenne, il faut à tout prix éviter les problèmes de « pollution ». Il faut rappeler ici  que l'érismature à tête blanche est menacé  en partie par le  croisement possible avec l'érismature roux d'Amérique qui  ne devrait pas exister « volant » dans notre environnement. 

Durant une vingtaine de jours les canetons vont rester dans cette éleveuse où une nourriture, sous forme de semoulette canetons démarrage, va leur être dispensée. Pour les canards de surface cette nourriture est suffisante, vous  pouvez y ajouter éventuellement des lentilles d?eau et de la verdure. Par la suite mon programme d?élevage est dicté par les conseils donnés par la marque de l'aliment. Je respecte scrupuleusement le nombre de semaines avant de passer à l'aliment d'entretien. J'ai pu observer que j'avais de cette façon beaucoup moins de problèmes d'ailes qui pendent. 

Après une vingtaine de jours les pensionnaires sont changés d'éleveuse et sont placés dans un parc deuxième âge, l'eau devient progressivement plus abondante, ils peuvent commencer de petites baignades et ont la possibilité de se sécher sous une lampe. Le plumage se fait rapidement, attention au baguage,  il ne faut pas se laisser « avoir »  car pour certaines espèces il faut tester la bague une vingtaine de jours après la naissance. C'est à ce moment là qu'il faut sexer vos oiseaux de façon à mettre la bague du coté droit pour les mâles et du coté gauche pour les femelles, cette façon de faire vous facilitera la tache par la suite lorsqu'il s'agira  de choisir des couples. Si vous disposez de plusieurs couples reproducteurs d'une même espèce mettez une bague de couleur en plastique à l'autre patte pour différencier les familles, de façon à pouvoir choisir des couples non consanguins sans avoir à vérifier les numéros de bagues ce qui évite des rattrapages inutiles et surtout évite de stresser vos oiseaux. 

Il faut aussi rappeler que les canetons sont vulnérables et qu?ils doivent être protégés des prédateurs (filet de volière). 

Après ces quelques conseils, il ne me reste plus qu'à vous souhaiter une très bonne saison  de reproduction.

Paul Marguier

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Par Paul Marguier - Publié dans : Conseils d'élevage
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Dimanche 21 janvier 2007 7 21 /01 /Jan /2007 14:45

Le garrot d'ISLANDE Bucephala islandica

Anglais : Barrow's goldeneye

Néerlandais : Barrow brilduiker

Allemand :Spatelente   

  

                                                                                                                                                                                                                    Appelé

Appelé aussi le garrot de BARROW nom de l?explorateur anglais, sir John Barrow (1764-1849), il participa à des expéditions scientifiques, et devint président de la société géographique de Londres.

 

Voilà pour la culture générale, pour celle qui nous intéresse la culture ornithologique, il faut savoir que le garrot d'Islande est un canard appartenant à la tribu des canards marins (Mergini).

Les garrots se composent de trois espèces :

-         Le garrot albéole, Bucephala albeola, le plus petit de tous les canards marins dont l'aire de répartition est l'Amérique du nord.

- Le garrot à oeil d'or, Bucephala clangula,  ou  garrot d'Europe, mais également d'Asie, et d'Amérique du nord.

- Le garrot d'Islande, Bucephala islandica, que nous allons développer.

 

- Le garrot Arlequin, Histionicus histrionicus, ne fait pas partie de cette espèce. 

 

Répartition

Le garrot d'Islande est un canard nordique qui, en Europe, ne niche qu'en Islande ; on le trouve dans le sud-ouest du Groenland et en Amérique du nord où son aire de répartition est plus vaste, cette population orientale est estimée à 50 000 individus. Le nombre de couples nicheurs en Islande serait de l'ordre de 800. La majeure partie est sédentaire, cela dit, lors des hivers particulièrement rigoureux  les garrots  peuvent gagner les côtes et les cours d'eaux non gelées.

Au Canada, environ 90 % de la population niche et hiverne à l'ouest des Rocheuses. Dans l'est du pays, on sait que l'espèce niche au Labrador et probablement sur les côtes de la baie d'Hudson, mais la nidification n'est pas encore confirmée au Québec. Les inventaires d'hiver dénombrent tout de même près de 3 000 individus dans l'axe du Saint-Laurent.

La population Occidentale est la plus importante, 150 000 individus la composent. Le sud de l'Alaska, la Colombie Britannique , l'Oregon, le Montana et le nord de la Californie sont les lieus où ils nichent.

En Colombie-Britannique, l'espèce niche principalement près des lacs alcalins, souvent dépourvus de poissons, mais riches en invertébrés aquatiques. En hiver, elle fréquente les côtes.

Contrairement aux autres espèces de canards, les couples restent fidèles d'une année à l'autre. Bien que le mâle ne participe pas à l'élevage des jeunes, il retrouve la femelle sur le site d'hivernage.

Description

Le garrot d'Islande ressemble beaucoup au garrot à oeil d'or, le plumage du mâle est tout aussi contrasté, noir et blanc, lorsqu'il est en livrée nuptiale. La tache blanche qui s'étend entre le bec et  l'oeil est en forme de croissant, son dos est noir avec des taches blanches. Les couleurs structurales de la tête  sont d'un bleu violacé dont l'intensité varie selon l'incidence des rayons du soleil. En plumage d'éclipse, notre bel oiseau perd de son éclat au niveau de la tête et la tache blanche disparaît. Cette période d'éclipse est courte et si elle commence fin juin, en septembre le mâle commence à  retrouver sa splendeur. La cane a une tête de couleur brun marron, la poitrine est gris clair, le dos gris foncé, les flancs gris légèrement plus clair. En période de reproduction le bec de la cane est  entièrement jaune pour ce qui concerne la population occidentale, alors que pour la population orientale le jaune se limite au  sommet du bec. La femelle se distingue difficilement de celle du garrot à oeil d'or dans la nature, on doit observer le mâle pour distinguer l'espèce.

Régime Alimentaire.

Carnivore, le garrot d'Islande apprécie les nymphes de libellules. En hiver les crustacés et les plantes submergées font parties de son alimentation. En eau salée, il mange des mollusques, principalement la Moule bleue. En période de reproduction lorsqu'ils séjournent dans les bois le long des cours d?eau, des lacs, des étangs, les garrots d?Islande ont un régime composé d'insectes aquatiques, larves, frai de saumon, alevins.

Reproduction

La maturité sexuelle est atteinte avec la deuxième mue, la parade nuptiale commence dans les zones d'hivernage, c'est un rituel complexe qui se passe  en groupe, plusieurs mâles devant plusieurs canes, l'une d'elle fera son choix et le couple se séparera du groupe pour se rendre sur les lieus de nidification. C'est la cane qui mène la « barque », elle choisit minutieusement son territoire qu'elle va défendre farouchement contre tout intrus. La période de ponte commence vers la fin avril, les pontes sont de 9 à 11 oeufs très beaux, bleu turquoise. Le nid est magnifiquement tapissé d?une épaisse couche de duvet, les oeufs seront couvés 30 jours. Dès que la cane commence la couvaison, les mâles s'envolent vers les grands lacs pour la période de mue. La cane va donc élever sa progéniture seule, elle la défend farouchement ne tolérant aucune présence étrangère sur le territoire. C'est vers la sixième semaine que les petits seront indépendants, abandonnés par la cane qui rejoint les grands lacs pour muer.

 

Détention et expérience d'élevage

 

Une mare de cinquante mètres carré vous permettra de vivre  sereinement la détention des garrots d'Islande

 

Avant de faire l'acquisition d'un couple de garrot d'Islande, il faut bien être conscient que ce sont des canards qui ont une « forte personnalité » pas seulement le mâle d'ailleurs, la femelle pourchasse de façon très volontariste le moindre concurrent. J'ai eu l'occasion de discuter avec des éleveurs de garrots d'Islande et de confronter nos expériences d?élevage, s'il existe toujours des cas particuliers, il se dégage souvent le même avis concernant ce comportement agressif durant la période de reproduction qui peut être plus ou moins bien toléré par le groupe en fonction de la surface de l?étang. Généralement tout se passe très bien jusqu'en Avril, la deuxième année ils ont atteints leur maturité sexuelle, c'est alors que l'on assiste à la chasse impitoyable des congénères qui tenteraient une approche, la vie sur la mare devient vite difficile pour les autres couples qui restent le plus souvent hors de l'eau, ce sera ce cas de figure, si votre enclos et votre mare sont trop petits. Si vous avez la chance de disposer d'un enclos et d'une mare assez vaste, la cohabitation sera possible, c'est la cas chez moi où deux couples de garrots vivent sur une marre de 50 m2 en compagnie de harles huppés, de macreuses brunes, milouins, sarcelles à faucilles et siffleurs. Le mâle s'entoure volontiers de deux femelles, le problème est qu'une des deux femelles domine l'autre et ne la  laisse pas s'approcher du mâle. Si on a la chance d'avoir deux femelles avec une ponte décalée, le trio fonctionnera, le mâle s'occupera de l'autre femelle pendant que la première couve. Si les pontes se déclanchent en même temps, on aura une des deux pontes avec très peu d'oeufs fécondés.

On pourrait résoudre ce problème en retirant les oeufs de l'une pour déclancher une deuxième ponte, mais je n'ai jamais vu un garrot effectuer une deuxième ponte. Le nichoir est surélevé, accessible avec une échelle. Il faut souligner que le nid est particulièrement soigné, très creux, il est tapissé d'une épaisse couche de duvet (nous mettons de la tourbe et du foin) c'est le plus beau nid que je connaisse.  Nous laissons la cane couver les oeufs jusqu'au 26 - 27 ème jour (la couvaison dure 30 jours) Puis nous les plaçons en éclosoir. C'est alors que nous changeons  la femelle d'enclos, car son comportement est alors d'une rare agressivité, la vie sur l'étang devient impossible pour les autres. Nous la plaçons dans un parc réservé aux jeunes non  encore occupé, cet isolement peut durer un mois. Pendant ce temps nous élevons les petits, en éleveuse sur du treillis plastifié, avec un goutte à goutte d'eau permanent. L'appétit est excité, au départ, avec quelques vers de farine mouillés et mélangés avec de la semoulette et du micro floating riche en protéines. Les vers de farine sont retirés après quelques jours  et le micro floating est donné seul. Ils sont éjointés le lendemain de la naissance.

Le bagage et le sexage s'effectuent vers la fin de la troisième semaine avec du 11 mm, le mâle étant bagué à droite. La bague à droite pour les mâles est une règle appliquée par un grand nombre d?éleveurs de France et aussi du Benelux, Il serait intéressant qu'elle se généralise pour faciliter la distinction du sexe  chez les jeunes de l'année, on évite ainsi des manipulations excessives.

L'alimentation des garrots est composée d'un  mélange de  Floating pour canards marins dosé à 20% et 30 % de protéines. Dans une mangeoire suspendue au dessus de l'eau. Il y a aussi une mangeoire avec de l'aliment « canard entretien » que tous les occupants du parc prennent.

Discussion.

La détention est possible si vous disposez d'une mare assez vaste pour que le couple de garrots puisse trouver son territoire, dans le cas contraire ce sera l'enfer, vous devrez vous séparer du couple. Je pense aussi qu'il ne faut pas mettre d'autres espèces de garrots ensemble. La constitution d'un bon couple n'a pas été facile, j'ai du changer certains mâles qui n'intéressaient pas les femelles, l'une d'entre elle s'est d'ailleurs accouplée avec un carolin, deux  mâles hybrides sont nés de cette « union ». On peut voir des souches de garrots avec des problèmes de plumage. Privilégier l'achat de jeunes sujets. Il est toujours douteux de voir des adultes à la vente. Les problèmes de plumes surviennent généralement vers le mois de janvier, il faut se le rappeler, c'est une expérience vécue.

 

 

Paul Marguier

Oies-canards-ornement

 

 

Visitez le site : www.lescanardsdemormal.com     pour des renseignements complementaires concernant l'élevage

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Paul Marguier - Publié dans : Expériences d'élevage Oies-canards
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